Le spécialiste des systèmes d’instrumentation pour l’aérospatiale, la marine et l’industrie pourrait quitter en partie Villars-sur-Glâne. Les employés sont informés.
Vibro-Meter songe à délocaliser
Alexandre Sonnay (la Liberté)
Coup dur pour l’industrie fribourgeoise. Le dollar pourrait pousser Vibro-Meter hors du canton et même du continent. Ce fleuron de l’industrie fribourgeoise a en effet envoyé la semaine dernière une lettre d’information à ses employés, dans laquelle elle les avertit qu’elle doit analyser la délocalisation de certaines opérations. «Nous ne pouvons garantir à ce stade que nous ne serons pas obligés de réduire certains postes ici à Fribourg et en créer d’autres ailleurs dans le monde», avertit la communication interne.
Contacté par «La Liberté», le directeur général de Vibro-Meter Peter Huber a affirmé hier que le groupe venait d’entamer cette étude. «La décision devrait tomber ces prochains mois.» Le spécialiste des systèmes d’instrumentation haut de gamme pour l’aérospatiale, la marine et l’industrie ne devrait pas déplacer l’ensemble du site.
Contacté par «La Liberté», le directeur général de Vibro-Meter Peter Huber a affirmé hier que le groupe venait d’entamer cette étude. «La décision devrait tomber ces prochains mois.» Le spécialiste des systèmes d’instrumentation haut de gamme pour l’aérospatiale, la marine et l’industrie ne devrait pas déplacer l’ensemble du site.
Les pays ancrés «dollar»
Toujours selon l’information au personnel, la délocalisation ne touchera pas forcément le département production, «mais elle peut englober d’autres opérations et processus». Hormis les Etats-Unis, la direction étudie tous les pays fortement ancrés au dollar comme le Mexique ou ceux d’Asie pour accueillir le nouveau site du groupe fribourgeois, en cas de délocalisation.
Qu’est-ce qui pousse l’entreprise à envisager cette solution si radicale? Comme de nombreuses autres entreprises helvétiques (lire ci-contre), Vibro-Meter souffre de la faiblesse du billet vert. La monnaie américaine a en effet perdu plus de 20% ces derniers mois. «Il n’y a pas de doute sur notre stratégie en matière de produits et de clientèle. Le seul problème, c’est le dollar», précise Peter Huber.
Qu’est-ce qui pousse l’entreprise à envisager cette solution si radicale? Comme de nombreuses autres entreprises helvétiques (lire ci-contre), Vibro-Meter souffre de la faiblesse du billet vert. La monnaie américaine a en effet perdu plus de 20% ces derniers mois. «Il n’y a pas de doute sur notre stratégie en matière de produits et de clientèle. Le seul problème, c’est le dollar», précise Peter Huber.
Concurrents avantagés
L’entreprise est en effet fortement exposée à la monnaie américaine. «Dans la branche aérospace, toutes les ventes se réalisent en dollars. Cette monnaie est également la devise de référence pour nos clients sur le marché industriel», poursuit le directeur. Enfin, la majorité des concurrents du groupe helvétique sont basés aux Etats-Unis et se trouvent ainsi avantagés par le plongeon du billet vert.
A court terme, la société a pu sécuriser ses ventes à des taux plus favorables. Mais à moyen terme, soit dès 2009, elle ne sera déjà plus compétitive. «Un taux de change à 1,20 franc pour un dollar nous permettrait de bien vivre. Mais avec la parité, nous ne sommes plus du tout concurrentiels», avertit le patron de Vibro-Meter. «Et même si le dollar remonte, il va rester très volatil.»
Le groupe va transformer sa structure de coût pour diminuer son exposition au dollar. Dans un premier temps, Vibro-Meter diminuera ses achats auprès de fournisseurs en Suisse et en Europe pour augmenter ceux en provenance de zones en dollars. La deuxième étape est justement celle de l’analyse de la délocalisation. «Nous avons pris l’initiative d’informer nos employés ainsi que les syndicats de cette possibilité», poursuit Peter Huber.
Pour Thierry Mauron, de la Promotion économique fribourgeoise, Vibro-Meter a raison d’anticiper les problèmes avant qu’il ne soit trop tard. Mais son bureau ne pourra pas voler au secours de l’entreprise. «C’est une réaction à une évolution conjoncturelle», précise le directeur. L’annonce de Vibro-Meter intervient quelque dix ans après le rachat de la société par le groupe britannique Meggitt. Interrogé sur le montant et la durée des exonérations que le groupe anglais aurait reçues, Thierry Mauron répond: «Mon devoir de réserve ne me permet pas de vous répondre.»
A court terme, la société a pu sécuriser ses ventes à des taux plus favorables. Mais à moyen terme, soit dès 2009, elle ne sera déjà plus compétitive. «Un taux de change à 1,20 franc pour un dollar nous permettrait de bien vivre. Mais avec la parité, nous ne sommes plus du tout concurrentiels», avertit le patron de Vibro-Meter. «Et même si le dollar remonte, il va rester très volatil.»
Le groupe va transformer sa structure de coût pour diminuer son exposition au dollar. Dans un premier temps, Vibro-Meter diminuera ses achats auprès de fournisseurs en Suisse et en Europe pour augmenter ceux en provenance de zones en dollars. La deuxième étape est justement celle de l’analyse de la délocalisation. «Nous avons pris l’initiative d’informer nos employés ainsi que les syndicats de cette possibilité», poursuit Peter Huber.
Pour Thierry Mauron, de la Promotion économique fribourgeoise, Vibro-Meter a raison d’anticiper les problèmes avant qu’il ne soit trop tard. Mais son bureau ne pourra pas voler au secours de l’entreprise. «C’est une réaction à une évolution conjoncturelle», précise le directeur. L’annonce de Vibro-Meter intervient quelque dix ans après le rachat de la société par le groupe britannique Meggitt. Interrogé sur le montant et la durée des exonérations que le groupe anglais aurait reçues, Thierry Mauron répond: «Mon devoir de réserve ne me permet pas de vous répondre.»
Ça tourne à plein régimePour le personnel, c’est l’incompréhension. D’autant plus que la production tourne à plein régime. Armand Jaquier, secrétaire régional du syndicat Unia, ne cache pas son inquiétude: «La direction prend des mesures très rapides tout en apportant des justifications très sommaires. Nous pouvons craindre des mesures d’importance.» Le syndicat va commencer à discuter avec les salariés et se prépare déjà à négocier avec les patrons de Vibro-Meter.


