La 3e Journée d’élevage a attiré la foule, samedi. Près de 2000 personnes, dont une majorité d’initiés, ont franchi les portes de l’institution, fondée en 1899. L’occasion de mieux connaître ses activités.
Francis Granget
Tradition et modernité. Ces deux termes conviennent bien au Haras national suisse d’Avenches. Les quelque 2000 visiteurs de la 3e Journée d’élevage, samedi entre 10 h et 17 h, ont pu s’en rendre compte. D’un côté, des portes ouvertes dans les différents ateliers de l’institution avenchoise (forge, charronnerie, sellerie et cerclage de roues) ont permis aux badauds de voir des gestes répétés depuis 1899 sur le site des Longs-Prés. De l’autre, moult
présentations, conférences et expositions ont proposé une vision d’avenir de l’élevage chevalin en Suisse, en plein essor.
85 000 chevaux
«Le pays recense environ 85 000 chevaux (un nombre qui augmente de 2000 à 2500 unités chaque année). On estime par ailleurs à 10 000 le nombre d’emplois générés, directement ou indirectement, par le cheval en Suisse, rappelle Pierre-André Poncet, directeur du haras. Les 85% de ces chevaux étant détenus dans des exploitations agricoles, c’est une possibilité de diversification grâce à la location de boxes et à la vente de paille et de foin.» Au Haras national suisse d’Avenches, il n’est pas du tout question de compétition, de courses ou encore de gros sous. L’institution séculaire est tout à la fois un centre de compétences, de reproduction, de documentation (10 000 documents en libre accès) et de conseils. Une banque de semences et un service vétérinaire sont également au service des éleveurs et des propriétaires de chevaux des zones rurales avant tout.
«En plus de vingt ans, le milieu a beaucoup changé, précise Pierre-André Poncet. Avant, on avait essentiellement affaire à des hommes, militaires ou paysans. Aujourd’hui, ce profil type n’est plus d’actualité. Parmi les 230 000 personnes qui pratiquent l’équitation on retrouve une grande majorité de jeunes cavalières adeptes de sport ou de randonnées.» Peut-être en raison de cette féminisation du monde hippique, l’on est beaucoup plus sensible à la santé et au bien-être des chevaux. «C’est l’un des axes des nombreuses recherches que nous menons en collaboration avec les universités, souligne le directeur du haras. Notre mission est ensuite de transmettre nos connaissances et notre savoir-faire au grand public.» Notons que pour le bien-être de ses propres étalons, l’institution vient d’aménager deux nouvelles places sous couvert pour la stabulation libre et un deuxième carrousel à chevaux. «L’isolement et l’inactivité sont en effet leurs pires ennemis!»
Sauvegarde de la race
Samedi, 25 races de chevaux, de poneys et d’ânes ont été présentés au public, dans la cour d’honneur du haras par les fédérations et syndicats d’élevage. L’occasion de se remémorer que parmi ces races, une seule est autochtone: le franches-montagnes. Toutes les autres (cheval de Schwytz, d’Erlenbach ou des Ormonts par exemple) ont progressivement disparu depuis le début du XXe siècle. Sans le haras, le dernier cheval helvétique pourrait être en péril. Il figure d’ailleurs sur la liste des races à surveiller, selon la Convention de Rio de Janeiro sur la diversité biologique (1992).
A Avenches, on s’efforce de «protéger ce patrimoine génétique et culturel». Depuis 1998, année où le Haras fédéral est devenu national, ce dernier n’achète plus que des étalons franches-montagnes: il possède ainsi le tiers des reproducteurs de cette race qui convient aussi bien à l’équitation de loisir et à l’attelage qu’à l’exploitation agricole ou forestière.
A Avenches, on s’efforce de «protéger ce patrimoine génétique et culturel». Depuis 1998, année où le Haras fédéral est devenu national, ce dernier n’achète plus que des étalons franches-montagnes: il possède ainsi le tiers des reproducteurs de cette race qui convient aussi bien à l’équitation de loisir et à l’attelage qu’à l’exploitation agricole ou forestière.


